
Photo:
Nelson Souto,
Portrait de
Lampégia à Llivia
La ville de Llivia
accueille bientôt le
festival annuel de
musique qui fête cette
année ses noces d’argent.
Il se compose de 11
concerts répartis entre
le mois d’août et de
décembre. Les
représentations
hivernales, qui sont
gratuites, auront lieu
le jeudi 7 décembre -ensemble
de cuivres, à 21h-, le
vendredi 8 décembre -orchestre
de Gérone, à 17h- et le
lundi 25 décembre -concert
de Noël avec l’ensemble
polyphonique de Puig-Reig,
à 21h15-.
Pour aller à Llivia qui
appartient à la province
de Gérone, il faut
passer… par la France !
Depuis Puigcerdà, il y a
5 km de route neutre,
sans frontière. Ce
couloir d’accès tout à
fait anachronique est
coupé par un axe routier
français qui a un volume
de circulation très
important. Problème :
quel est le code de la
route à respecter ?
Stop, feu rouge, rotonde,
on a tout envisagé pour
éviter les accidents
mais la solution n’est
pas facile car d’après
le Traité des Pyrénées
de 1659, la priorité
espagnole est
irrévocable et les
lliviotes tiennent à
leur privilège. Un vrai
casse-tête qui a donné
lieu à bien des litiges.
Un petit tour à
Llivia : une aquitaine
dans un harem
Et si l’intérêt
actuel de Llivia se
centre autour de la
musique, il faut savoir
que cette ville
accueille aussi la
pharmacie Esteva ; la
plus ancienne d’Europe.
Elle conserve une
importante collection de
bocaux bien connus pour
le bleu cobalt de sa
céramique vitrifiée.
Dans l’une des ruelles
qui montent vers
l’église où auront lieu
les concerts, on
remarque une belle
rousse peinte sur le mur.
C’est Lampégia, "la
reine de la paix et de
l’amour" précise la
légende du grand panneau
de mosaïque. En l’an
730, Lampégia (fille
d’un duc de Gascogne)
épouse un Sarrasin
installé dans le château
de Llivia. Pour
maintenir la paix sur
son territoire, ce
dernier souhaite créer
des alliances de l’autre
côté des Pyrénées.
Malheureusement, il ne
tarde pas à être
décapité par ses
coreligionnaires qui
craignent les
négociations avec les
chrétiens. Quant à sa
splendide épouse, son
destin n’est guère plus
enviable car elle finira
ses jours dans le harem
du calife…
Du château de Llivia il
ne reste que des ruines
mais le portrait de
Lampégia invite à rester
à l’écoute de l’histoire
avant d’assister à un
concert de musique
lyrique.
Isabelle BARBOT.
(www.lepetitjournal.com
– Barcelone) 20 novembre
2006
Informations sur le
Festival de Musique de
la Ville de Llivia au
téléphone 972 89 63 13
ou directement sur le
site
www.llivia.org.
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