
Photo: Sitges, Nelson Souto
Sitges n’est
pas seulement l’une des
plages les plus cotées du
littoral catalan. Le
dynamisme culturel qui lui a
donné une touche musicale
tout l’été se poursuit
jusqu’à la fin du mois de
septembre et il est encore
temps d’en jouir à satiété.
Dimanche prochain (à 20h)
aura lieu l’un des derniers
concerts modernistes au
Musée Cau Ferrat avec un
verre de Malvoisie ou un
petit vin doux de Sitges
servi à la fin du spectacle.
"L’Art Total" revendiqué par
les artistes inspirés du
mouvement "moderniste" (lié
à l’Art Nouveau catalan)
stipule qu’il n’y a pas de
raison pour cloisonner les
plaisirs et qu’il est bon de
stimuler tous les sens à la
fois.
Au programme, des œuvres
pour guitare espagnole de
Granados, Albéniz, Falla et
Satie, dans un cadre fait
sur mesure. Le musée Cau
Ferrat est en effet la
maison-atelier du peintre
Santiago Rusiñol. Elle
conserve entre ses murs de
beaux exemples d’union entre
l’exotisme et la culture
populaire si chère au
Modernisme. La façade
néogothique, qui est en soi
un petit bijou, soude deux
anciennes maisons de
pêcheurs achetées par
l’artiste pour y loger sa
collection. Remarquez les
fenêtres : quelques unes
proviennent du château médiéval
de Sitges qui a disparu au
profit de la nouvelle mairie
de la ville.
Les cousins
d’Amérique
Le lundi 25, dans le même
décor et à la même heure, le
jazz fusionnera avec le
musicien moderniste catalan
Enric Morera. Le mardi 26
réserve une nuit magique au
Palais Maricel avec des
pièces musicales de Bizet et
Albéniz pour harmoniser les
castagnettes, les faïences
multicolores et une vue
crépusculaire sur la
Méditerranée. Le mercredi
27, à 20h30, les orgues
baroques de l’église
paroissiale rendront hommage
à Bach et Mendelssohn.
Le jeudi 28
septembre, toujours au Musée
Cau Ferrat, une soirée
flamenco sera précédée d’une
visite de la ville sur les
traces des émigrés catalans
qui firent fortune à Cuba et
à Porto Rico à la fin du
19ème et au début du 20ème
siècle. Puisque Christophe
Colomb était parti en quête
d’une route vers les Indes,
les terres américaines qu’il
a rencontrées sur son chemin
sont devenues les "Indes
Occidentales". D’où le nom "d’Indianos"
donné à ces heureux
voyageurs revenus à Sitges
les poches pleines pour y
construire des demeures au
goût de l’époque.
La note finale du festival
se fera entendre le vendredi
29 septembre au cours d’une
soirée lyrique dans les
jardins de la Maison Llopis.
Mozart, Verdi, Puccini et
Bizet seront les invités
d’honneur dans cette belle
demeure romantique qui
renferme une riche
collection de poupées. Une
charmante soirée en
perspective pour conclure
cette semaine musicale à
Sitges.
Isabelle BARBOT. (www.lepetitjournal.com
– Barcelone) 19 septembre
2006
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