
Rive de l’Onyar à Gérone
Photo: Nelson Souto
Capitale de la province homonyme, Gérone est une jolie ville située au pied de la montagne des Anges, où se sont mariés Dalí et Gala. Quatre rivières - le Ter, l’Onyar, le Galligants et le Güell - s’y donnent rendez-vous. Leurs eaux passent près de la cathédrale (c’est cette grande église en haut des escaliers qui se voit de tous les trains en provenance et à destination de la France), et coulent tranquillement sous le pont de fer signé Eiffel, qui s’appuie sur des façades multicolores.
Qui va à Gérone pour la première fois visite El Call (le quartier juif le mieux conservé de la Catalogne) et fait le tour des vieux quartiers en suivant le chemin de ronde perché sur les murailles. Depuis quelques années, le circuit touristique s’achève devant le nouveau musée consacré au cinéma qui expose la prestigieuse collection Tomàs Mallol.
Si la visite a lieu un samedi, l’animation des rues ralentit considérablement le circuit urbain. A plus forte raison si ce samedi tombe le 7 octobre... soit samedi prochain. De 9h à 14h, en effet, il y aura la bagatelle de trois foires artistiques (l’une dans la rue Mercaders, l’autre sur la place Miquel Santaló et la troisième dans la rue St.Francesc), deux foires artisanales réparties entre la rue Santa Clara et la Rambla de la Llibertat, et trois marchés : le marché hebdomadaire dans le grand parc de La Devesa, le marché aux fleurs dans la Rambla de la Llibertat et le Marché de la Lionne dans la rue Jaume Pons Martí.
L’imagination au pouvoir
Au passage, ne manquez pas de déposer un baiser sur l’arrière-train de la lionne qui grimpe sur une colonne à côté de l’église St Félix, car conformément à la tradition, "si tu vas à Gérone, n’oublie pas d’embrasser la lionne". La ville, de fait, est un puits de légendes : il y a "les pets de l’évêque" faits en meringue par le pâtissier Frederic Faure, le Tarlà aux airs de bouffons que se balance sur une barre suspendue dans la rue de l’Argenteria, la girouette cancanière de la cathédrale qui écoute tous les secrets des gironnais, et les mouches de Saint Narcisse qui, selon la légende, ont aidé à vaincre les français grâce à une avalanche d’insectes sur l’ennemi, lors d'unem bataille restée dans les mémoires.
Persuadé peut-être que la bestiole ailée qui décore le manche des couteaux Laguiole était une mouche, le restaurant Albereda a choisi ce célèbre couteau français pour découper la savoureuse viande de Gérone. En réalité, il s’agit d’une abeille et - comble de l’ironie ! - cette abeille est souvent associée à Napoléon, l’ennemi juré de Gérone, qui se souvient de "la Guerre du Français" comme l’un des épisodes les plus tragiques de son histoire. Si vous souhaitez en faire la remarque, on vous adressera sûrement un clin d’œil amusé et chargé d’indulgence. C’est de bonne guerre !
Isabelle BARBOT (www.lepetitjournal.com) 5 octobre 2006