
Montage photographique de
Nelson Souto
La superbe coiffe qui emprisonne
de longs cheveux enroulés en
forme de macarons, de chaque
côté du visage, est le signe
distinctif le plus connu de la
Dame d’Elche. Le buste de cette
noble femme, qui était peut-être
une prêtresse, a été découvert
en 1987 lors de fouilles
effectuées sur un site romain à
Elche, au sud d’Alicante. Il
date du 4ème siècle avant Jésus-Christ
et constitue sans conteste le
trésor archéologique le plus
important de la culture ibère.
Habituellement logée au musée
archéologique de Madrid,
l’illustre dame vient de passer
six mois exceptionnels à Elche,
pour assister à l’inauguration
du Musée d’Archéologie et
d’Histoire d’Elche (le MAHE).
Son séjour prend fin avec le
Festival Médiéval qui programme
des évènements musicaux, des
œuvres théâtrales, un cycle
cinématographique, des
spectacles pour enfants et des
animations ambulantes.
Une fois repartie la sculpture
originale, il ne restera plus à
Elche que la traditionnelle
copie installée dans le "verger
du curé", au milieu d’une
palmeraie déclarée Patrimoine de
l’Humanité. Fondée par les
Byzantins pour lutter contre la
sécheresse de la région, c’est
un exemple très rare
d’implantation d’une culture
nord-africaine sur le continent
européen. Au beau milieu de
200.000 palmiers centenaires,
entre citronniers, orangers,
caroubiers, jujubiers et cactées,
trône un arbre formidable
baptisé "le palmier impérial" en
honneur de l’impératrice Sissi,
venue dans la région en 1864. Il
est unique par sa splendeur et
sa rareté repose sur sa
silhouette en forme de
candélabre à huit bras qui est
due au fait que ses sept
branches poussent en même temps.
Le Mystère d’Elche
Le Mystère d'Elche,
spectacle théâtral entièrement
chanté et dédié à la vierge, a
été proclamé par l’Unesco chef
d’œuvre du patrimoine oral et
immatériel de l’humanité.
Représenté sans interruption
depuis le 15ème siècle dans la
Basilique Ste Marie d’Elche,
c’est un témoignage incomparable
de la culture médiévale qui a
échappé in extremis (grâce à une
autorisation spéciale du pape au
17ème siècle) à l’interdiction
de jouer dans les églises,
imposée suite au Concile de
Trente.
L’œuvre est mise en scène chaque
année, au mois d’août, mais tous
les deux ans, Elche organise
deux représentations
extraordinaires pour commémorer
le dogme de l’assomption
promulgué par l’Eglise
catholique le 1er novembre 1950.
La première séance, divisée en
deux parties, sera jouée les 29
et 30 octobre, à 22h. La
deuxième aura lieu le 1 novembre
: "la Vespra" (1er acte, à 10h)
sera suivie d’une procession à
travers les rues d’Elche. "La
Festa" (2ème acte, à 17h), de
son côté, ouvrira ses portes au
grand public libre d’y assister
gratuitement.
Isabelle BARBOT. (www.Lepetitjournal.com
– Barcelone) 20 octobre 2006 |