Jeudi prochain, la onzième étape du Tour
commencera à Tarbes et s’achèvera en Catalogne,
au Pla-de-Beret, à 1860m d’altitude. Au total,
206,5 km de course pour cette étape d’une grande
difficulté. Après le Tourmalet, le col d’Aspin
et le col de Peyresourde, l’entrée en Espagne se
fera par le col du Portillon (col de 1ère
catégorie) près du Port de Bonaigua.
Si ce dernier a déjà été escaladé à deux
reprises, en 1974 puis en 1993, l’étape dans le
Val d’Aran est inédite dans l’histoire du Tour.
Le peloton passera successivement par Bossòst
(N.141 et N.230), Pont-d’Arros, Aubert, Vielha
(N.230-C.28), Betren, Escunhau, Casarill, Arties,
Salardú et Baqueira. L’arrivée au port de Beret
(autre col de 1ère catégorie) est prévue vers
16h, deux minutes avant le sprint final au Pla-de-Beret.
Une belle occasion pour aller découvrir le Val
d’Aran qui a toujours flirté avec la France et
l’Espagne.
Bienvengudi enta Aran !
Coincé entre le français au nord, le
castillan, le basque et le catalan au sud,
l’aranais - langue co-officielle dans le Val
d’Aran - est un des parlers gascons qui était
utilisé de Bordeaux jusqu'au Pays Basque, en
passant par la région de Toulouse. Val d’Aran,
d’ailleurs, est un pléonasme qui signifie Vallée
de la Vallée (Val en gascon et Aran du basque "haran").
Cette influence linguistique est logique si l’on
pense que la Garonne prend sa source dans les
contreforts de cette haute vallée pyrénéenne et
suit son cours naturel vers l’Atlantique.
Géographiquement orienté vers le voisin
septentrional, le Val d’Aran décida cependant de
fraterniser avec les rois catalans-aragonais.
Une histoire de gros sous, bien sûr, car les
aranais étaient convaincus que la barrière
montagneuse freinerait l’acharnement des
percepteurs d’impôts…
Soucieux de faire connaître leur culture, les
aranais organisent des cours de langue pour les
curieux, applaudissent chaudement l’intervention
des groupes folkloriques et exhibent la
singularité de leur identité grâce à un ensemble
d’écomusées qui jalonnent la région. De toutes
les richesses du Val d’Aran, la nature et les
sports qui en dérivent sont les trésors les plus
précieux : pêche à la mouche dans la Garonne,
ascension pédestre à l’ombre des sommets, VTT
dans le piémont pyrénéen et vol en parapente
vers les vallées encaissées. De quoi mettre en
appétit avant de savourer une gastronomie de
montagne généreuse en calories.
Isabelle BARBOT. (Le
Petit Journal.com) Barcelone, vendredi 7
juillet 2006
Au menu des spécialités culinaires :
« langüissa » (charcuterie en forme de saucisse),
truite, lapin à la moutarde, civet de sanglier,
« olha aranesa » (potée du Val d’Aran), «
truhada » (pommes de terres farcies), « caulets
» (rouleaux de choux farcis), « crespèths » (crêpes),
« milhles » (bouchées de maïs frites) et crème
aranaise