Fou, fou, fou... le triangle de Dalí !

Volver
 

Dans ce triangle-là, on ne risque pas de se perdre mais de rester hypnotisé par la folie créatrice de Salvador Dalí. L'artiste catalan nous a légué trois lieux de pélerinage artistique : Portlligat, Figueres et Púbol. À chaque étape, un musée laisse transpirer une imagination débordante et décoiffante

Résidence Galatea à Figueres (photo : ©Nelson Souto)

La maison-musée de Portlligat est située au nord de la Costa Brava, à quelques pas du port de Cadaqués où Dalí a passé de longs séjours durant son enfance et sa jeunesse. Petit à petit, il y a acheté des cabanes de pêcheurs qu’il a reliées entre elles pour les transformer en une sorte de labyrinthe surréaliste.
De l’ours polaire empaillé qui vous reçoit à l’entrée, à l’œuvre pop art faite de pneus qui trône sur la terrasse de la piscine, tous les éléments, amassés durant plus de quarante ans, rappellent que Dalí avait déclaré la guerre à la banalité. Raffiné dans ses goûts et fasciné par la lumière qui baigne le Cap de Creus et inonde ses tableaux, il installa dans sa chambre à coucher un jeu de miroirs pour voir de son lit le lever du soleil sur la Méditerranée. Une maison faite sur mesure pour un amant du plaisir. Les immenses œufs blancs que l’on découvre dans le jardin de Portlligat réapparaissent sur la Résidence Galatea de Figueres, la ville natale de Dalí. D’un côté les murs couleur rose framboise mouchetés de petits pains en forme de tricorne, de l’autre l’immense coupole transparente qui crée un puits de lumière dans la Fondation Gala Salvador–Dalí. L’objet surréaliste le plus grand du monde! Inauguré en 1974, c’est le fruit le plus juteux de la fantaisie dalinienne. On y voit des œuvres  tels que "l’autoportrait mou avec du bacon frit" qui évoque bien l’imaginaire de son auteur. On y trouve aussi des tableaux en trois dimensions qui sont devenues des classiques de l’art contemporain, comme la Cadillac transformée en douche ou le sofa dessinant les lèvres voluptueuses de Mae West.


Un château pour une muse
L’odyssée onirique se termine à Púbol, non loin de Girona, dans un château médiéval perdu en pleine campagne. Ce fut d’abord la résidence de Gala, l’épouse du maître, puis celle de l’artiste lui-même. C’est aujourd’hui leur tombe. À l’abri des regards indiscrets, le jardin de la propriété est parsemé d’éléphants perchés sur des pattes de girafes. Des échos de musique wagnérienne conduisent à la demeure, farcie de détails géniaux (des radiateurs en trompe-l’œil cachent de vrais radiateurs, par exemple). Au dernier étage, on découvre que la garde-robe de Gala était truffée de modèles de haute couture. Dali avait promis à sa muse de lui offrir un château. Il a tenu sa promesse. C’est un cadeau pour tous ceux qui aiment se perdre dans les dédales du monde délirant de Dalí.


Isabelle BARBOT. (Le Petit Journal.com) Barcelone, 5 avril 2006. 

Portlligat : La visite de la Maison-Musée se fait par petits groupes qui entrent toutes les dix minutes. Réservation obligatoire
Tel. 972 251 015 Entrée 8€.
Figueres : Du 30 juillet au 31août le Théâtre-Musée de Dalí ouvre aussi ses portes la nuit (de 22h à 1h du matin). Entrée : 10€ de jour, 11€ de nuit (coupe de cava comprise).
Púbol : L’entrée au château de Gala et Dalí coûte 6€ (gratuit pour les enfants de moins de 9 ans, comme dans les deux autres musées de la Fondation Gala-Salvador Dalí).
Tous les détails sur le site
www.salvador-dali.org

Volver