La Garrotxa, la petite sœur catalane de l’Auvergne

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Entre Olot et Santa Pau, le Parc Naturel de la Zone Volcanique de la Garrotxa est parsemé de cônes verdoyants et de cratères rassurants qui se laissent chatouiller par des visiteurs lilliputiens 

 
Photo: ©Nelson Souto
 

Dimanche, huit heures du matin. Un énorme ventilateur portable souffle dans le ventre d’une montgolfière qui, au fur et à mesure qu’elle s’enfle, affiche son slogan de plus en plus gros : "La Garrotxa, terre d’accueil".
La grosse goutte d’air prend forme dans une clairière entre le cratère du Croscat et le volcan de Sainte Marguerite. Le silence dominical est rythmé par les aboiements des chiens qui s’énervent chaque fois que les brûleurs donnent un petit coup de pouce au ballon géant qui s’élève tout doucement. Juste avant que le vent ne les fasse dériver, les passagers de la nacelle ont le temps d'apercevoir la minuscule chapelle de Sainte Marguerite nichée au fond du cratère.
Un autre groupe matinal est déjà en route sur le sentier qui descend dans le cône à moitié recouvert de végétation. L’accès est incroyablement facile. C’est l’idée qu’on s’en fait qui donne le vertige : marcher en famille dans la gueule béante d’un volcan endormi provoque un agréable frisson. Que ce soit du ciel ou à ras du sol, on remarque facilement les surfaces grisâtres formées par l’accumulation de lapilli. Plus grosses que la cendre et moins volumineuses que les bombes volcaniques crachées par les volcans au cours des éruptions de type strombolien, ces projections ont des qualités d’absorbion exceptionnelles, que les hommes ont su exploiter. Les surfaces bitumées du circuit automobile de Montmeló en sont une preuve.

 
Horizon volcanique
Ce qui reste des coulées de lave est actuellement protégé par les lois sur l’environnement, mais bien avant le réveil écologique de la Catalogne, un collectionneur local, Casimir Port, avait eu le temps de ramasser des kilos de roches volcaniques dans la vallée de Santa Pau. Peu à peu, il les a rassemblées, superposées ou collées pour en faire des œuvres d’art qu’il expose dans un musée de Santa Pau, un charmant village médieval planté au beau milieu du Parc Naturel de la Zone Volcanique de la Garrotxa.
L’œuvre est sans prétention mais absolument unique en son genre. Casimir Port forgea son sens artistique au début du siècle passé dans les ateliers d’imagerie religieuse d’Olot, la ville la plus importante du Parc. Reconstruite après les tremblements de terre du XVe siècle, Olot héberge le Centre des Volcans qui se visite avant ou après les parcours en pleine nature. Cela dépend de si vous préférez voir in situ et comprendre après coup, ou si vous jouissez d’avantage d’un paysage lorsqu’on vous en a expliqué la généalogie avant de vous le montrer.
Depuis le Centre des Volcans, un itinéraire urbain mène au sommet du cratère de Montsacopa aligné sur les volcans de Garrinada et Montolivet. C’est plus terre à terre que la montgolfière mais tout aussi valable pour embrasser visuellement la zone volcanique de la Haute Garrotxa.

 
Isabelle Barbot. (Le Petit Journal.com - Barcelone ) 30 juin 2006

Information pratique :
- Les vols en montgolfières sont organisés par la compagnie Vol de Coloms (
www.voldecoloms.com ).
- Des promenades en calèches dans la forêt de hêtres La Fageda commencent au km 7 de la route entre Olot et Santa Pau.
- Un détail de plus pour vous mettre l’eau à la bouche : la Garrotxa s’est spécialisée dans la « cuisine volcanique » élaborée à partir des produits du cru tels que sanglier, escargots et fesols (haricots) de Santa Pau.
 

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