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Photo:
© Nelson Souto
Les fallas sont d’immenses monuments satiriques
réalisés avec des matériaux combustibles (bois,
cartons, etc.) qui sont installés au coin des rues
et sur les grandes places. Leur but est de séduire,
amuser, émerveiller… Un bon prétexte pour faire un
petit tour dans la capitale de la Communauté
Valencienne. La date du 19 mars correspond à la
Saint-Joseph, le patron des menuisiers qui,
autrefois, nettoyaient leurs ateliers à la fin de
l’hiver en jetant au feu tout ce qui les encombrait.
Ce ménage printanier a évolué au cours des siècles.
Longtemps considéré comme un permis de critique
sociale et politique, l’évènement a pris une
dimension artistique pour les associations locales
qui rivalisent entre elles. Si le plaisir esthétique
est le plat fort de la fête, la mascletà sert
d’apéritif sonore. Chaque jour, du 1 au 19 mars, à
deux heures de l’après-midi sur la Place de la
Mairie, un mini festival pyrotechnique fait exploser
des pétards pendant sis à sept minutes. C’est un art
bruyant qui combine rythme et force sonore. Mais si
le bruit devient insoutenable, les spécialistes
conseillent d’ouvrir la bouche et de ne pas se
bouchez pas les oreilles. « Ce serait pire »,
affirment-ils. Le spectacle visuel proprement dit
commence le 15 mars avec la plantà, moment où les
monuments sont « plantés » et poussent en hauteur.
L’excitation croît au fur et à mesure que les rues
sont fermées à la circulation. Et si la ville
échappe au chaos généralisé, c’est grâce aux
transports publics qui s’imposent aux voitures (une
fois n’est pas coutume).
Une nuit enflammée
La fête revêt une tonalité religieuse entre
le 17 et le 18 mars, au cours de la grande offrande
florale dédiée à la Vierge des Indigents. D’immenses
tapis faits de rameaux multicolores sont tissés
devant la basilique qui voit défiler des milliers de
valenciens avant l’arrivée finale de la Reine des
Fallas dont l’élection annuelle suscite un grand
émoi. L’animation atteint son point culminant le 19
mars quand les artisans et les spectateurs rendent
un dernier hommage aux petits chefs-d’œuvre exposés
en plein air. A la nuit tombée, le feu et la musique
envahissent les rues de Valence. C’est la cremà, un
moment d’apothéose qui réduit l’art en cendres. Une
seule figurine - un ninot - sera graciée. Elle
occupera une place privilégiée au Musée des Fallas,
à côté d’autres personnages sauvés des flammes qui
ont survécu à la folie incendiaire des années
antérieures. Des mois de préparatifs, quelques jours
d’exposition et une nuit enfiévrée, c’est le bilan
d’une fête basée sur l’attraction du feu et la
fascination inspirée par une forme d’art éphémère
qui consiste à créer pour brûler.
Isabelle BARBOT. Le
Petit Journal.com - Barcelone 17 mars 2006
Quelques conseils:
- La fête attirant des foules, il vaut mieux
réserver une chambre d’hôtel avant d’arriver.
- Si vous allez à Valence en voiture, garez-la loin
du centre et ne laissez rien dedans. C’est la fête
aussi pour les pickpockets.
- Prévoyez de bonnes chaussures pour marcher à
l’aise, un vêtement léger (la météo s’annonce
généreuse), une petite laine (la nuit peut être
fraîche) et un parapluie (la pluie est souvent au
rendez-vous).
- Sachez que les chaises placées sur l’itinéraire
des cavalcades sont payantes.
- Passez par l’office du tourisme et consultez les
circuits urbains proposés pour voir un maximum de
monuments dans les meilleures conditions.
- Sites recommandés:
www.fallasfromvalencia.com
,
www.fallas.es
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